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Un nouveau genre pictural: le paysage méditerranéen

Les paysages méditerranéens ont particulièrement intéressé les peintres de la modernité. L’invention de ce thème pictural montre que l’histoire de l’art s’inscrit dans une histoire plus large des représentations. Elle relève des rapports des hommes au territoire et à  l’espace vécu. Les historiens de l’art ont bien établi les sources de ces représentations. Elles remontent à la Renaissance avec l’apparition du paysage en tant que genre artistique majeur. Il fait suite à la découverte des règles mathématiques de la perspective. La mise en scène de l’Histoire Sainte va occuper une place dominante dans cet art du paysage, à côté des grands épisodes de la mythologie. Ces paysages demeurent cependant européens dans leur ensemble, au niveau de la végétation représentée. Pour comprendre les évolutions de la modernité, l’une des pistes relève du souci des artistes de peindre sur le terrain. Il s’agit au départ de genres mineurs, comme l’aquarelle, redevables aux premiers touristes en villégiature sur les routes de l’Italie. Lorsque les impressionnistes découvrent à leur tour ces régions, la villégiature a profondément modifié leurs paysages, avec l’introduction massive de plantes exotiques. L’importance du palmier dans les représentations témoigne de l’inscription des artistes dans l’élaboration de ce nouveau paysage, l’exotisme végétal. Au travers des références religieuses du tourisme originel, l’art du paysage participe d’une relecture des représentations bibliques et mythologiques inaugurées par la Renaissance. Son apport original relève de la découverte, en 1839, de la loi du contraste simultané des couleurs par le chimiste français Chevreul.

En savoir plus: Castellana R. 2001. Le tourisme et l'invention de la Méditerranée, villégiature, paysages et identités. Link: mediterranean.com

L’impressionnisme et la question de la couleur

L'art impressionniste est fondé sur l'utilisation de la couleur, qui doit à elle seule "dessiner" le motif sans recours à la ligne. Au début de sa carrière, Monet emploie des couleurs sombres, comme dans le Coin d'atelier marqué d'ombres noires. Sa peinture évoque l'école réaliste dominée par Courbet. A partir de 1860, Monet abandonne les couleurs sombres et travaille avec une palette limitée à des couleurs claires pures. En 1905, il écrit, en réponse à une question de son marchand de tableau : "Bref, je me sers de blanc d'argent, jaune cadmium, vermillon, garance foncée, bleu de cobalt, vert émeraude. Et c'est tout." L'analyse des couleurs a permis d'identifier les couleurs et le liant de la peinture : de l'huile de pavot et de l'huile de lin. La première sèche plus lentement et jaunit moins, on la retrouve notamments dans certains empâtements blancs. La question du noir. Le noir pur est rare chez les impressionnistes. Monet obtient souvent une apparente noirceur en combinant diverses couleurs vives : des bleus, des verts et des rouges. Il élimine presque totalement le noir de sa peinture, même dans les ombres, comme celles violettes des Bateaux de plaisance à Argenteuil. Ce parti pris d'éviter l'emploi du noir est tellement ancré dans la manière de Monet qu'à sa mort, son ami Georges Clemenceau retira le drap noir qui devait recouvrir le cercueil entre la maison et l'église, en s'écriant : "Non ! pas de noir pour Monet." Il le remplaça par une étoffe aux couleurs des fleurs que le peintre aimait. Source : intermonet.com

Chevreul Michel-Eugène

La loi du contraste simultané des couleurs (1839)

Les impressionnistes poursuivent un objectif commun : capturer et immortaliser un instant de la vie quotidienne. Très éloignés des sujets et des techniques académiques, ils vont réaliser cette envie grâce aux découvertes du chimiste français Chevreul et à sa loi des contrastes simultanés de 1839. Cette dernière théorise la juxtaposition des couleurs primaires et complémentaires. Elle va permettre au peintre d'apprendre à poser ses pigments pour les valoriser davantage. Ainsi, pour qu'un bleu soit plus intense, il pose une touche d’orange juste à côté. De même, la différence entre deux tons semblables, deux verts par exemple, va être beaucoup plus visible s'ils sont accolés. Ce travail va permettre d'obtenir un rendu des plus réalistes car on ne mélange plus les pigments sur la palette pour obtenir une couleur. Se servant de l'optique, les tons vont se juxtaposer de façon à ce que le mélange se crée dans l'œil. La couleur maîtrisée, elle va créer le volume, la perspective et le relief. Cette innovation n'a pas toujours séduit le public. D'abord exposés au salon des refusés, les peintres impressionnistes aujourd'hui reconnus ont créé une nouvelle tradition en s'inspirant de travaux scientifiques. Source: linternaute.com

Logo couleurs du jardin 2016Les couleurs du jardin

En France en 1839, le chimiste et directeur du département des teintures de la manufacture des Gobelins, Eugène Chevreul, expérimente « la loi du contraste simultané des couleurs » pour l’appliquer aux arts de « la tapisserie, aux diverses sortes de peintures et d’impressions, à l’enluminure et à l’horticulture » : « Les applications que je me propose de faire à l’horticulture sont de deux genres : les unes concernent spécialement l’assortiment des plantes dans les jardins d’après la couleur de leurs fleurs ; les autres se rapportent à la manière de distribuer et de planter des végétaux ligneux dans des massifs que je suppose avoir été dessinés d’avance ». Tout est dit, ces écrits auront une grande influence sur Édouard André et plus tard sur Gertrude Jekyll. En 1879, dans son grand traité L’Art des jardins, Édouard André consacre un chapitre à l’ornementation florale et reprend la théorie de Chevreul. On peut y lire « Avant de procéder à l’examen des divers arrangements que peuvent recevoir les plantes fleuries, on doit connaître les lois de l’harmonie et du contraste des couleurs. Il n’est pas indifférent d’associer une nuance avec une autre bien que cette considération soit le plus souvent négligée dans le groupement des plantes. Une corbeille de fleurs plaît-elle aux regards, on peut dire que les lois de la couleur ont été observées ». Principes également mis en avant dans le travail de Gertrude Jekyll qui, peintre de formation, invente le mixed border, plate-bande où les plantes sont disposées en masse pour former des aplats de couleur et de texture. Elle théorisera sa pratique dans Colour in the Flower Garden en 1908. Source : culturecommunication.gouv.fr

Dossier

Les jardins botaniques de la Côte d'Azur franco-italienne et l'histoire de l'acclimatation: listephoenix.com